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Santé

Dimanche 19 avril 2009 7 19 /04 /2009 00:00

Publié dans : Santé
En 1958, la grande réforme menée par le Professeur Robert Debré allait permettre à la médecine française de devenir en 30 ans "la meilleure du monde". 
Cinquante ans plus tard, le Parlement va-t-il voter la loi "Bachelot" qui porte en elle la disparition de cette médecine hospitalière au profit d’une médecine mercantile ? Le maître-mot n’est plus la santé mais la rentabilité. La préoccupation centrale n’est plus le malade mais le compte d’exploitation de l’hôpital. Et les premières victimes en seront les patients et les soignants. 
Cette loi cale l’hôpital sur l’entreprise. Elle donne tous les pouvoirs au Directeur de l’Hôpital, nommé et révoqué par le Directeur de l’Agence Régionale de Santé, lui-même nommé et révoqué par le Conseil des Ministres. Ce directeur pourra n’avoir aucune compétence médicale ou en santé.C’est pourtant lui qui arrêtera le projet médical de l’hôpital. Lui aussi qui nommera et révoquera les médecins responsable des structures de soins (pôles, départements, services…). Sur quels critères ?
La tarification des actes est semblable dans les secteurs privé et public – comme si les pathologies et la continuité des soins y étaient comparables ! La pensée marchande dont se prévaut cette loi réduit le qualitatif au quantitatif, le malade au tarif de sa maladie. 
Dans le même temps on organise des suppressions massives et injustifiées d’emplois d’infirmières et d’aides-soignants. 
Bien sûr, l’hôpital public doit être réformé. Mais certainement pas de cette manière. 
Il faut repenser l’organisation hospitalière pour répartir de manière harmonieuse sur le territoire, sans redondance, les stuctures de soins et les spécialités en prenant en compte aussi leur niveau de technicité et l’accueil des urgences ; organiser la continuité des prises en charge au fur et à mesure de l’évolution du type de soins que demandent les malades.
Il faut réfléchir aux nouveaux métiers de la médecine ; prendre en compte la nécessaire pluridisciplinarité ; reconnaître et valoriser les actes des infirmières et des personnels paramédicaux (psychologues, diététiciennes, orthophonistes, etc.) ; promouvoir la prévention, le dépistage, l’éducation thérapeutique. 
Il faut impliquer toutes les unités de soins hospitalières dans des activités de recherche structurées et adosser les orientations cliniques à un projet médical qui ne soit pas fondé sur la rentabilité mais d’abord sur les besoins de la population, l’évolution prévisible des grandes questions de santé publique, l’avancée des connaissances et des progrès technologiques. 
Il faut un financement, propre à l’hôpital, qui tienne compte de l’innovation, de la lourdeur des pathologies, de la précarité, des handicaps de la vie. 
A cet effort-là, source de progrès et de solidarité, tous les médecins et personnels hospitaliers sont prêts à souscrire. Mais pas à cette loi destructrice et injuste.
Soyons clairs. Si cette loi n’est pas amendée, elle s’appliquera sans nous, médecins et chirurgiens de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris. Demain, côte à côte, et pour la première fois, infirmières, agents hospitaliers et administratifs, médecins seront dans la rue. Preuve que les mentalités ont changé, que l’union est faite pour que soit supprimé le volet hospitalier de la loi "Bachelot" et pour que s’ouvre enfin un débat à la hauteur de l’enjeu : il est encore temps et il est urgent d’organiser les Etats Généraux de l’hôpital public.

Les 25 signataires


Pr. Basdevant, endocrinologue, Pitié Salpetrière
Pr. Bourgeois, rhumatologue, Pitié Salpetrière
Pr. Bousser, neurologue, Lariboisière
Pr. Brochard, anesthésiste réanimateur, Henri Mondor
Pr. Dubourg, cardiologue, Ambroise Paré
Pr. Fischer, pédiatre, Necker Enfants Malades
Pr. Franco, chirurgien digestif, Antoine Béclère
Pr. Frydman, gynécologue obstétricien, Antoine Béclère
Pr. Gaudric ophtalmologue, Lariboisière
Pr. Gluckman, hématologue, Saint Louis
Pr. Godeau, médecin interniste, Henri Mondor
Pr. Grimaldi, diabétologue, Pitié Salpetrière
Pr. Guillevin, médecin interniste, Cochin
Pr. Kieffer, chirurgien vasculaire, Pitié Salpetrière
Pr. Kuttenn, gynécologue médicale, Pitié Salpetrière
Pr. Lyon-Caen, neurologue, Pitié Salpetrière
Pr. Mariette, rhumatologue, Bicêtre
Pr. Menasche, chirurgien cardiaque, Georges Pompidou
Pr. Musset, radiologue, Antoine Béclère
Pr. Niaudet, pédiatre, Necker Enfants Malades
Pr. Sahel, ophtalmologue, Hôpital des Quinze-Vingts
Pr. Sedel, chirurgien orthopédiste, Lariboisière
Pr. Valla, hépatologue, Beaujon
Pr. Varet, hématologue, Necker
Pr. Vernant, hématologue, Pitié Salpetrière 
Par Socialiste
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Samedi 7 février 2009 6 07 /02 /2009 15:05

Publié dans : Santé

Un article du Monde-diplomatique.fr. Comme quoi les combats ne sont jamais terminés.

 
Pourquoi faire dans la demi-mesure ? L’Etat français vient de diminuer de 42 % le montant de sa subvention au Mouvement français pour le Planning familial – pourtant reconnu d’utilité publique –, la faisant passer de 2,5 millions d’euros en 2008 à 1,5 million en 2009 (lire le communiqué du MFPF) ; et, en 2010, la subvention pourrait être purement et simplement supprimée. Cette mesure aboutira à la disparition d’un tiers des associations départementales du Mouvement, qui dénonce « une petite et fausse économie pour le budget de l’Etat » : en effet, même si l’on admettait que tous les domaines de la vie doivent se plier aux lois de l’économie, il faudrait se rappeler que la mission de prévention assurée par le Planning, en évitant des grossesses non désirées, représente autant d’économies ultérieures en matière de santé.

C’est le travail essentiel d’écoute, d’information et d’orientation accompli par le Mouvement en matière de sexualité, de contraception, d’avortement et de lutte contre les violences qui est ainsi nié. On ne saurait imaginer meilleure manière de signifier le peu de cas que l’on fait des droits et de la santé des femmes. En décembre dernier, déjà, le Planning familial de Marseille a été obligé de fermer ses portes pour cause de vétusté de ses locaux.

Sorti en novembre 2008, le film de Claire Simon Les Bureaux de Dieu – qui peut cependant susciter de sérieuses réserves – a permis à un large public de découvrir cette association qui, née à l’époque où l’avortement était encore interdit, a joué un rôle important dans le combat pour sa légalisation. En 2004, le documentaire de Mariana Otero Histoire d’un secret, évoquant un passé encore proche mais constamment passé sous silence, avait rappelé la fragilité des droits acquis au cours des décennies 1960-1970 (lire « Les acquis féministes sont-ils irréversibles ? », par Mona Chollet, avril 2007). Ces dernières années, dans les pays occidentaux, les défenseurs du droit des femmes à l’avortement et à la contraception n’ont cessé de perdre du terrain sur le plan idéologique (lire « Menaces sur le droit à l’avortement », par Anne Daguerre, février 2008).

Ironie du sort, cette décision intervient au moment même où, aux Etats-Unis, M. Obama a mis fin à la désastreuse politique de son prédécesseur en abrogeant, dès le 23 janvier, la disposition interdisant d’attribuer des fonds publics aux ONG qui pratiquent des avortements ou prodiguent des conseils dans ce domaine dans les pays en développement. L’International Planned Parenthood Federation (IPPF), basée à Londres, chiffre en dizaines de millions le nombre de grossesses non désirées et d’avortements clandestins – parfois mortels – qui auraient pu être évités au cours des huit dernières années dans le monde (lire « Ravages de la clandestinité », par Anne Daguerre, février 2008)

Par Socialiste
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