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Mouvement social

Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /2009 18:25

Publié dans : Mouvement social

Pioché sur Rue89

Pari tenu pour les syndicats :  il y a eu plus de manifestants jeudi qu'à la précédente journée d'action, le 29 janvier. Trois millions de personnes à travers la France pour la CGT -moins de la moitié, évidemment, selon la police-, mais l'important n'est pas dans la précision du chiffre :  il est dans le maintien d'une pression populaire massive sur un gouvernement qui a prévenu par avance qu'il n'écouterait pas.

Alors que les sondages des derniers jours révélaient une très large popularité de ce mouvement de protestation dans la population, y compris parmi des électeurs de droite, il restait aux syndicats à faire la preuve de leur capacité à transformer l'essai dans la rue. C'est chose faite, malgré -ou plutôt grâce...- les déclarations musclées de Nicolas Sarkozy ou les effets de manche de Laurence Parisot, la patronne du Médef.

Une capacité intacte de mobilisation

Symboles de cette mobilisation exceptionelle, la solidarité autour des ouvriers de l'usine Continental de Clairoix, que décrivait dans son reportage sur la manif de Compiègne, l'envoyée spéciale de Rue89, Sophie Verney-Caillat  :   

« Tout le monde a revêtu l'uniforme noir des ouvriers, si bien qu'on avait l'impression que toute l'Oise vivait le même deuil. (...)

Chacun se sent concerné par ce drame dans une région très industrielle. Un document du Medef de l'Oise que je me suis procuré recense 8 610 emplois menacés sur les 45 000 que compte le secteur automobile dans le département. »

 

Cette capacité intacte de mobilisation montre que les mesurettes annoncées par Nicolas Sarkozy, pas plus que ses efforts de « pédagogie de la cris » tentées après le succès de la première journée du 29 janvier n'ont eu d'effet sur une opinion qui vit toujours très mal le décalage entre les mesures massives en faveur des banques et des entreprises, et la faiblesse des gestes en direction du pouvoir d'achat de la majorité de la population.

L'affaire du bouclier fiscal a pris, de ce point de vue, une dimension symbolique évidente que Nicolas Sarkozy n'a pas su gérer. Alors qu'en période de crise, les Français attendent de l'équité et de la justice dans les sacrifices, ils ont le sentiment que le pouvoir privilégie toujours la frange la plus aisée de la population, celle-là même qui est, à tort ou à raison, considérée comme partiellement responsable de la catastrophe financière et économique à laquelle on assiste.

Le bouclier fiscal :  un chèque moyen de 368 261 euros...

Didier Migaud, le président PS de la commission des finances de l'Assemblée, révélait mercredi que les 834 contribuables les plus riches (patrimoine de plus de 15,5 millions d'euros) ont touché chacun, au titre du bouclier fiscal, un chèque moyen de 368 261 euros du fisc, « soit l'équivalent de trente années de Smic ». Un chiffre qui a des allures de provocations à la veille d'une journée d'action.

Pendant que les manifestants défilaient par un temps magnifique, l'Assemblée nationale rejetait un amendement déposé par un député UMP, René Couaneau, qui visait à suspendre le bouclier fiscal pour les revenus 2009, afin de donner « un signal fort à l'opinion ». Ses collègues de la majorité ne l'ont pas entendu ainsi, et ils ne furent que deux UMP à voter l'amendement au côté de l'opposition, suivant ainsi les consignes de fermeté de l'Elysée.

Le « signal fort » n'a donc pas été envoyé, et l'équation reste non résolue. Nicolas Sarkozy sait qu'il devra vivre avec une impopularité croissante pendant cette période de crise et de montée du chômage. Mais il lui faut éviter une explosion sociale comme la France a plusieurs fois montré qu'elle en était capable.

Mlagré le message de fermeté des derniers jours, le président et ce qui lui reste de gouvernement vont devoir réajuster le tir. L'autisme n'est pas de mise dans un tel contexte. 

Pierre Haski

Par Socialiste
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Jeudi 19 mars 2009 4 19 /03 /2009 00:00

Publié dans : Mouvement social

Recensement de tous les mecontentement établi par libé. La liste est longue. RDV sur le pavé.

Education

Dans les écoles, près d’un enseignant sur deux devrait être en grève jeudi. 59% des enseignants selon le SNUipp, principal syndicat du primaire, 35% selon le ministère. Si l’on s’en tient à ces premières estimations, les enseignants du primaire devraient être moins nombreux dans la rue que lors de la dernière grande journée de mobilisation, le 29 janvier.

Pourtant, les sujets de mécontentement ne manquent pas (les 13.500 suppressions de postes programmées, le soutien scolaire, les évaluations de CM2…)

Quant au très controversé service minimum d'accueil (SMA) dans les écoles, la plupart des grandes villes ont annoncé la mise en place jeudi. Mais plusieurs villes appellent les parents à garder leurs enfants, notamment à Paris, «compte tenu du nombre restreint d'agents susceptibles d'accueillir des enfants». Autres villes où le SMA pose problème: Lens, Marseille, Montpellier, Metz.

Les profs d’université, en grève depuis le 2 février, devraient être nombreux dans les cortèges. Tout comme les étudiants. Les présidents d'université exigent le report de la réforme sur la formation des enseignants, la masterisation.

Santé

Dans le secteur médico-social, plusieurs syndicats appellent à la grève, en exprimant leur colère contre les projets de révision de leur convention collective qui encadre plus de 240.000 personnes travaillant dans le secteur social et médico-social. Le projet les hérisse en particulier sur les classifications des métiers, qui reposeraient désormais sur des «missions» et non plus des «métiers».

Pour la santé publique«cette journée nationale permettra de mettre en lumière les difficultés rencontrées tous les jours dans l’ensemble des établissements de santé et de mobiliser une nouvelle fois contre le projet de loi “Hopital, Patients, Santé, Territoires”», espère la CGT.

Fonction publique territoriale

Dans les mairies, conseils généraux et conseils régionaux, les organisations syndicales s'inquiètent «des mesures en matière de fiscalité locale annoncées par le président de la République.»

Justice

Les organisations syndicales du ministère de la Justice et le Syndicat des avocats de France ont appelé «tous les acteurs de l’institution judiciaire à faire de la journée interprofessionnelle unitaire du 19 mars une journée de forte mobilisation», estimant que «c’est une justice au rabais, axée sur le tout-répressif et profondément inégalitaire que le gouvernement met en place». (Lire le communiqué commun)

Le Pôle emploi

Depuis la mise en place du Pôle emploi en janvier (né de la fusion ANPE-Assedic), les agents se plaignent de la dégradation des conditions de travail. «Les difficultés, les tensions, la pression se font de plus en plus oppressantes et présentes au sein de la nouvelle institution, tant envers les demandeurs qu’envers les conseillers» (Lire la suite du communiqué de l'intersyndicale)

Energie

Le mouvement de grève devrait être très suivi chez EDF et GDF-Suez. En attendant de descendre dans la rue jeudi, une quarantaine de militants de la CFDT-Energie ont distribué des fleurs mercredi matin devant le siège d'EDF à La Défense à Paris, invitant les passants à les arroser pour «faire pousser symboliquement leur pouvoir d'achat».

La Poste

Les postiers «se retrouvent pleinement dans l’appel des organisations syndicales interprofessionnelles» (CGT, SUD, CFDT, FO, CFTC de La Poste) et entendent s’opposer au projet gouvernemental en réaffirmant leur refus de la privatisation de La Poste, leur exigence d’un véritable service public postal moderne et rénové.

France Télécom

Tous les syndicats ont déposé des préavis de grève car «la crise ne doit pas être le nouveau prétexte utilisé pour opérer de nouvelles restructurations».

Théâtres publics

Des annulations de spectacles sont à prévoir jeudi soir dans les théâtres publics et autres salles de spectacles subventionnées. La Comédie Française annule ainsi la représentation jeudi soir de Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand dans sa salle Richelieu (Représentation supplémentaire le 26 mars. ) Autre théâtre national parisien, La Colline a prévu d'annuler La Cerisaie de Tchekhov dans la grande salle. L'Opéra de Paris a de son côté annoncé l'annulation du ballet Le Parc d'Angelin Preljocaj au Palais Garnier. Une quarantaine d’institutions sont concernées à travers la France : des centres dramatiques nationaux de Lille (Théâtre du Nord), Nanterre (Amandiers), Montreuil, Caen ou Reims.

Dans les transports

A la SNCF, les fédérations syndicales appellent à une grève unitaire pour s'opposer aux «multiples réorganisations» en cours. Selon la CGT, la direction poursuit «ses réductions massives d’emplois, le non respect de la règlementation, la précarisation de l’emploi avec des conséquences négatives sur les conditions de vie malgré des résultats excédentaires.» 

A la RATP, quatre syndicats sur huit appellent à la grève (contre six le 29 janvier).

Chez Air France, les organisations syndicales invitent l’ensemble des salariés à se mobiliser pour défendre l’emploi, les salaires et la protection sociale et lutter contre la précarité.

Pour connaître les prévisions de trafic, cliquez ici

Le secteur privé

Dans le secteur automobile, des appels à cesser le travail sont lancés chez Renault et Peugeot.

La coordination des syndicats CGT de Total appelle à une grève de 24 heures dans l’ensemble des raffineries pour s’opposer à un plan de suppression de 555 emplois en France après un profit record de 13,9 mds d’euros en 2008. Il s’agira d’une «première étape» de résistance, assure la CGT.

Chez le chimiste Rhodia, un appel à la grève a été lancé contre des «mesures de flexibilité».

Les salariés travaillant chez le verrier Saint-Gobain marquent leur opposition aux choix de la direction (suppressions d’emplois, salaires et pouvoir d’achat en berne)... alors que le groupe annonce 1,914 Milliard d’euros.

La CGT des travailleurs de la Métallurgie appelle ses salariés à«amplifier le rapport de forces». Elle exige l’ouverture immédiate de négociations annuelles obligatoires tant au niveau des entreprises que des territoires.

Des appels à la grève visent d’autres géants du privé: Auchanet Carrefour. Des usines sont déjà en grève en raison de licenciements annoncés, comme GlaxoSmithKline à Evreux et Faurecia dans le Pas-de-Calais.

Le secteur des banques et assurance se mobilise sur  sur l’emploi en demandant «les moyens de rendre un service digne de ce nom».

Les syndicats ont appelé «les VRP, technico-commerciaux, cadres de la vente, vendeurs à domicile et autres commerciaux à se mobiliser pour le «développement de vrais emplois face à la précarité».

Dans l'informatique, plusieurs syndicats appellent à la mobilisation chez IBM, Hewlett-Packard ou EDS à participer aux manifestations.

L'intersyndicale des journalistes appelle à la grève. Les journalistes de l'audiovisuel public exigent notamment le maintien de tous les postes de travail, un financement pérenne et dynamique et le  maintient du périmètre de la télé et de la radio publique, leur indépendance politique, éditoriale et stratégique. Les journalistes de NRJ, Chérie FM et Nostalgie sont aussi appelés à la grève craignant une réorganisation de l'information régionale.

Par Socialiste
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