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JO Pekin

Jeudi 10 avril 2008 4 10 /04 /2008 00:27

Publié dans : JO Pekin

Le consultant athlétisme de France Télévisions est la première personnalité qui refuse de se rendre à Pékin en soutien à la cause tibétaine.

«Moi je n’irai pas, mais il ne faut surtout pas empêcher les sportifs d’y aller.» Bernard Faure, le consultant athlétisme de France Télévision, qui fait la paire avec le journaliste Patrick Monteil depuis des années, ne commentera pas la discipline phare des Jeux olympiques de Pékin cet été.

Il l’explique ce vendredi dans L’Equipe: «Les Jeux sont censés symboliser la paix, l’amitié, le respect et la fraternité. Les donner aux Chinois, c’était donner un blanc-seing extraordinaire par rapport à toutes les exactions qu’ils ont commises […]. Massacre, torture, destruction d’une civilisation [les Tibétains]. Et ce, dans l’indifférence la plus totale.»

Le commentateur, qui est la première personnalité française à boycotter les Jeux,  ne souhaite pas que la France empêche ses athlètes de se rendre à Pékin: «De quel droit empêcher 12.000 personnes qui vivent pour une passion d’offrir ce spectacle?» Mais invite les «politiques, les dirigeants et les médias à se demander comment traiter ces Jeux très spéciaux. Il faut quand même montrer au gouvernement chinois notre mécontentement.» Un boycottage généralisé? «Ce serait une erreur, répond Bernard Faure. Mais faire comme si de rien n’était en serait une autre.»

Bernard Faure regardera-t-il ses deux collègues habituels, Stéphane Diagana et Patrick Monteil, à la télé? «Honnêtement, je ne sais pas. Pour l’instant, je n’en ai pas très envie.»

Par Socialiste
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Mardi 8 avril 2008 2 08 /04 /2008 16:28

Publié dans : JO Pekin

L'article de Libé sur le passage de la flamme olympique dans la capitale

Le passage à Paris de la flamme olympique a viré à la débâcle pour les autorités chinoises et la police française.

 

Des incidents multiples. Vingt personnes interpellées. La cérémonie à l’Hôtel de Ville annulée. Des scènes grand-guignolesques de policiers en rollers encadrant un bus dans lequel a dû être abritée la flamme olympique. L’étape parisienne de la torche a tourné au fiasco (pour les organisateurs), à la pantalonnade (pour un service d’ordre pourtant XXL), à la gifle (pour le régime chinois) et à la victoire pour tous ceux, opposants au régime de Pékin de tout poil, qui avaient fait un test de cette journée.

 

Au premier rang desquels les représentants de la communauté tibétaine et leurs sympathisants. Parvis des droits de l’Homme, au Trocadéro, en face de la Tour Eiffel d’où allait partir la flamme, ils étaient plusieurs centaines, venus de Paris et de province mais aussi de Belgique, des Pays-Bas ou d’Angleterre, portant des T-shirts jaunes «Tibet, we stand by you» ou «gardons les yeux ouverts», mêlés à des militants solidaires de leur cause, quelques stars, des moines birmans ou des militants vietnamiens des droits de l’homme. «Depuis un mois, la répression au Tibet a fait plus de 140 morts, dénonce Thupten Gyatso, qui préside la communauté tibétaine de France. Il n’y a ni commission d’enquête, ni dialogue avec le dalaï-lama. La Chine est une dictature, un tortionnaire. Aujourd’hui, nous sommes là pour réclamer le changement.»

Pour Reporters sans frontières, la journée est un succès. Son secrétaire général, Robert Ménard, a dormi sur les tours de Notre-Dame, dont il avait gravi nuitamment la façade. Il a finalement déployé hier après-midi, juste au-dessus de la rosace de la cathédrale, une banderole surmontée d’un drapeau tibétain. Auparavant, des membres de RSF, omniprésents toute la journée, avaient accroché leur drapeau à la tour Eiffel à laquelle ils se sont enchaînés. «Mission accomplie, se réjouissait hier soir Robert Ménard. Les Parisiens ont montré qu’ils aimaient l’olympisme et les droits de l’Homme.» Ménard regrettait une nouvelle fois que le Comité olympique français n’ait pas accepté sa proposition de faire accompagner chaque porteur de la flamme d’une personne portant un t-shirt de son organisation. Et maintenant? «On va peser sur les chefs d’Etat des pays occidentaux et, par ricochet, sur la Chine. Il y aura des libérations de dissidents.»

En première ligne de la mobilisation politique, les Verts, dont deux représentants ont payé leur montée au front. Sylvain Garel, conseiller de Paris, a été stoppé par la sécurité alors qu’il tentait de s’approcher de la flamme à la tour Eiffel. Quant à Mireille Ferri, vice-présidente du Conseil régional d’Ile-de-France, elle a été brièvement interpellée alors qu’elle se dirigeait vers le Champ-de-Mars munie d’un extincteur. Plus tard, en brandissant depuis une fenêtre de l’hôtel de ville un drapeau tibétain et les «menottes olympiques» de RSF, l’adjoint au maire Denis Baupin et cinq autres élus verts, dont le maire du IIe Jacques Boutault, ont réussi un coup d’éclat. Contemplant, lui, le déploiement de CRS devant l’Assemblée, Noël Mamère exerçait son sens de la formule : «L’Etat policier se transporte au pays des droits de l’Homme.»

Par Socialiste
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