Publicité

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Congrès du PS

Jeudi 9 octobre 2008

Publié dans : Congrès du PS

Gloire à France Inter ! Ce matin un journaliste commentant la présentation des motions devant la fédération socialiste de Paris constatait que celui qui avait été le plus applaudi et le seul qui apportait un message nouveau et dynamique était Benoît Hamon.

Gloire à France Inter car il est rare qu’un media cite l’existence de la motion « un monde d’avance » proposée aux militants socialistes. Il est plus fréquent de ne voir citées que les trois textes conduits par des éléphant(e)s ! En faisant silence sur la motion Hamon, les "commentateurs" politiques peuvent tranquillement déplorer l’absence de nouveauté, le peu de différences entre les orientations proposées, et réduire ainsi l’enjeu du Congrès de Reims à une bataille de chefs déconnectée des problèmes du pays.

 

Nous le savons, nous ne l’avons que trop vécu lors du débat sur le Traité Européen : lorsque les médias choisissent leur camp, à l’époque celui du Oui, celui du conformisme euro-libéral, ils ne font pas dans la mesure. Au pire ils passaient sous silence les arguments des tenants du Non de gauche, se contentant de citer ceux de Le Pen, au mieux ils confondaient tous les opposants au traité dans la boue de la xénophobie, du nationalisme ringard et de la peur de l’étranger, caricaturant avec zèle tout ce qui n’était pas conforme à leur choix. Cette fois, pour les médias, l’exception Hamon viendrait détruire la thèse qu’ils sont bien décidés à marteler : les socialistes sont incapables de proposer une véritable alternative à la droite. D’où le silence sur cette orientation. Les journalistes usent pour s’en défendre d’arguments inacceptables : on ne parle pas du texte d’Hamon parce qu’il a peu de supporters, parce qu’il n’a pas de candidat présidentiable, etc. A faire le silence sur les hommes et les orientations qui pourraient renouveler le débat, on assèche celui-ci et on réduit la politique à l’éternelle confrontation entre ceux ou celles qui ont occupé la scène politique depuis déjà longtemps.

C’est un constat : les médias ont choisi de favoriser l’expression de ceux qui le plus souvent se sont trompés depuis des années. Car, depuis des années, on nous explique au parti socialiste, qu’il faut abandonner les « vieilles lunes socialistes », que depuis la chute du mur de Berlin il faut reconnaître la victoire du capitalisme et l’accepter comme l’horizon définitif de notre combat, qu’il faut accepter la loi du marché voire le libéralisme avec l’espoir d’en corriger les effets désastreux. Naguère certains de nos responsables avaient les regards admiratifs tournés vers le SPD, vers le blairisme et la « troisième voie ». Et ce sont ces dirigeants qu’il faudrait reconduire au moment même où l’histoire leur donne tort ?

Le texte que je soutiens, celui dont le premier signataire est Benoît Hamon, a le mérite de rassembler tous ceux qui, depuis des années, sont accusés de « ringardise » parce qu’ils avaient refusé la compromission avec le libéralisme, parce qu’ils avaient fait passer leur combat pour le socialisme avant toute autre considération, parce qu’ils refusaient le libre échange généralisé, qu’ils voulaient affirmer le retour de la puissance publique dans l’économie, changer l’orientation de la construction européenne, afin de redistribuer les richesses et de répondre à l’urgence écologique. Ceux là savent que l’enjeu politique de ces prochaines années n’est pas de tenter d’améliorer la politique économique et sociale du pays sans toucher aux grandes lois du marché et de la concurrence non faussée. Il n’est pas de promettre des réformes de gauche, socialement plus justes, sans se donner les moyens de les rendre efficaces et pérennes.. Il est de changer profondément les règles de fonctionnement de l’économie, pour rendre effectivement possible une répartition des richesses plus équitable et mettre fin à la course imbécile au profit.

Ceux qui soutiennent la motion « Hamon » ne sont pas les attardés d’un socialisme archaïque. Ils savaient, bien en amont de la crise, qu’il n’y a guère de compromis possible avec la logique libérale, comme voulaient le faire croire les tenants d’un social-libéralisme aujourd’hui condamné. Ils avaient, ils ont toujours sur les camarades qui sont en train de redécouvrir la gauche, « un monde d’avance ».

Jacques Fleury

Par Socialiste
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 6 octobre 2008

Publié dans : Congrès du PS

Interview de Renaud Lagrave, premier fédéral des Landes, lors de la fete de la rose de Soustons

On a beaucoup parlé du Parti socialiste ces derniers temps. Et on en parlera encore beaucoup ces jours prochains. Mais ce que souhaiteraient militants et sympathisants, c’est qu’on en (re) parle enfin en bien. Pour cesser d’entendre « 67 % des Français penser que le PS n’est pas crédible et n’a pas de projet », comme le souligne en retournant sciemment le couteau dans la plaie Renaud Lagrave.

Un premier secrétaire fédéral tout sauf résigné, à la veille de la Fête de la Rose, rassemblement de retour sur les terres historiques de Soustons (vous savez, près de Latche)... C’est de là que le PS landais entend participer à la « reconquête », notamment à travers ce « monde d’avance » qui sert de nom de scène au texte porté par Benoît Hamon, figurant parmi les six encore en lice en vue du fameux congrès de Reims [1]. Hamon en tête, Henri Emmanuelli pour l’épauler et Renaud Lagrave à leurs côtés : ce trio animera un meeting qui veut de nouveau rendre ce parti « audible ». Et surtout l’ancrer de manière plus ferme à gauche.

 

« Sud Ouest ». En pleine crise économique, entendre parler de « régulation » inspire quelle remarque à un socialiste ?

Renaud Lagrave. Dans une situation pareille, c’est une amère victoire que d’avoir eu raison avant les autres. D’autant que là, on est bien au-delà de la régulation et de la main invisible de l’État, on est en plein interventionnisme politique. Mais il ne faudrait pas non plus nationaliser les pertes après avoir privatisé les profits. On voit que l’on est au bout d’un processus, où le tout-libéral produit des richesses mais ne les redistribue pas. Franchement, j’ai l’impression de ne voir autour de moi que des Français abasourdis.

Faites-vous partie de ceux qui craignent pour l’avenir proche ?

Mais la France est en récession, ça y est, on touche le fond ! Et là, le bouclier fiscal à 15 milliards d’euros prend toute sa symbolique... Les Français n’en peuvent plus, après une rentrée où 60 000 postes d’enseignants ont été supprimés en 5 ans, la question du RSA - de son financement mais aussi de sa nature-même - sans parler du fichier Edvige, ni même du fait qu’il vaille mieux avoir une villa en Corse pour être sûr d’être protégé... Et que dire de la tirade sur la « laïcité positive » : tout cela est insupportable. On a un moment parlé de clignotants, mais là, c’est désormais évident : tous les feux sont au rouge.

Mais que fait le PS pendant ce temps ?

On n’a jamais eu autant de militants et d’élus et parallèlement, le PS n’a jamais été aussi faible en terme d’opposition... Dans le contexte que l’on vient de décrire, je ne peux pas me satisfaire d’entendre Fillon dire « la droite a gagné la bataille des idées ». La gauche n’a pas mené cette bataille, ils l’ont gagnée par défaut, à cause de notre cacophonie interne ! Il faut arrêter cela : quand je repense au festival (sic) de La Rochelle (ndlr : l’université d’été du PS), c’était vraiment un spectacle peu recommandable. Tous les militants ont beaucoup travaillé dans les commissions et à la sortie, il n’y a que frustration et révolte contre tous ces responsables socialistes qui ne parlent que d’eux-mêmes...

Vous êtes particulièrement critique à l’égard de votre Parti ?

Il est temps de l’être. Pour moi, ce Parti a sûrement vécu, en l’état. Reims 2008 peut ressembler à Epinay 1971. Il est temps que la gauche se souvienne qu’elle n’a jamais été élue dans ce pays sans avoir fait d’abord l’union de la gauche. Pourquoi raflons-nous tout au niveau local et échouons-nous au niveau national ? Parce que nous ne rassemblons pas.

Le texte défendu par Benoit Hamon et fortement inspiré par Henri Emmanuelli peut-il rassembler ?

Il faut être clair : ce texte que j’ai signé et que je défends soir après soir est là pour changer le centre de gravité du PS. Avec l’envie d’en prendre la direction, si nous le pouvons. Il faut trancher le débat, arrêter le jeu des petites phrases, changer la ligne et l’orientation du PS. Il est temps pour les socialistes d’arrêter d’accompagner le libéralisme économique, c’est sur ce sujet-là que les Français nous attendent.

Plus que jamais à gauche, donc, selon vous ?

Si certains veulent que le coucou du Modem vienne faire son nid au PS, qu’ils l’écrivent dans leur texte... Moi, je n’ai pas d’états d’âme à dire que je n’ai jamais eu d’ennemis à gauche, même très à ma gauche... Face à ce gouvernement, il faut une vraie cohérence et embrayer la marche avant. Je suis persuadé qu’avec un PS audible et organisé, aujourd’hui, le pays peut être retourné.

Recueilli par Jean-Pierre Dorian pour Sud-Ouest

Par Socialiste
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus